samedi 5 août 2017

CAMP D'ARGELÈS-SUR-MER



CAMP D'ARGELÈS-SUR-MER

Dans un vent incessant qui me harcèle,
un vent de tragédie
qui fouette mon visage,
qui soulève le sable avec ses détritus,
encrasse mes cheveux
me pousse avec violence,
me fait marcher... marcher, sans but ;
m'exaspère et m'aveugle.


De tous côtés, cernés de barbelés,
les spahis nous assiègent...
Leurs montures fougueuses
ils poussent sans arrêt...
Ils se lancent... se lancent sur nous...
Il semble qu'ils voudraient
nous faire disparaître
de la sphère terrestre.
Nous ne savons que faire...où aller...
Le cimeterre fend l'air,
tombe, vertical...
On dirait un serpent.
Nous courons par instinct,
les têtes se tournent ;
vers la droite les unes,
les autres vers la gauche.

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Le visage décharné,
et l'âme en peine,
nous errons tels des spectres sur la plage,
en quête d'un brin d'herbe,
d'un chiffon, que quelqu'un a laissé,
d'une brindille sèche...

LUIS BAZAL. Vaso de lágrimas. SIA (Solidarité Internationale Antifasciste) calendrier de 2008, envoyé par Mr Samitier Floreal, écrivain, né en Alméria,  en 2008

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Photo : un gardien sur son cheval ·les spahis musulmans des colonies du Maréchal Pétain, camp d'Argelès-sur-mer