vendredi 2 décembre 2016

El eterno regreso del fascismo


On reconnait ainsi le retour du fascisme : "C'est le dogme de la rancoeur à l'état pur; ce sont les formules de la haine, les inflexions de l'envie, les éructations de la calomnie. (...) C'est le vernis qui trahit le fait que (...) ces idéalistes, qui prétendent défendre le "peuple", le dévoient pour parvenir à leurs fins (...) car ce qu'ils souhaitent provoquer avant tout c'est le déferlement du ressentiment. Pour cela tous les moyens sont bons, tous les slogans sont légitimes." (Ter Braak, dans "L'éternel retour du fascisme" de Rob Riemen, publié en France aux éditions Nil en 2011.



Au milieu des années 1930, ter Braak constate qu'un nouveau mouvement politique se développe partout en Europe. Il exploite le ressentiment, il encourage la haine et la colère, il ne cherche pas à proposer des solutions, il ne défend pas une idéologie précise, il ne souhaite pas, à vrai dire, résoudre les problèmes de société. Bien au contraire puisqu'il en tire en profit. Sans ces problèmes, il ne pourrait pas continuer à proférer des insultes et à attiser la haine.

Car ce sont là bien des caractéristiques : l'insulte pour l'insulte et la haine pour la haine. Le ressentiment général s'exerce sur celui qui fait figure de bouc émissaire, le Juif, cause de tous les maux. En même temps, les adeptes de ce mouvement politique considèrent qu'ils sont les éternelles victimes, victime de la “gauche” d'une part et de l’ “élite” d'autre part. Ils nourrissent une haine farouche pour tout ce qui est intellectuel, cosmopolite ou “différent”.


Rob Riemen, L'éternel retour du fascisme, Nil, 2011